Adjugé 22 500 euros (frais inclus) au musée national du château de Versailles, lot 91 : Ecole italienne, 1ère moitié du XVIIIe siècle. Attribué à Jacopo AMIGONI (Venise 1675 ou 1682-Madrid 1752) « Saint Jean-Baptiste baisant la main de l’enfant Jésus » des collections personnelles de Marie-Josèphe de Saxe, dauphine de France. Mentionné dans le testament de la dauphine de France (1766-1767) comme légué à l’évêque de Verdun, Aymar de Nicolaï (Nicolay). Expert : Xavier Dufestel tel. 06.62.23.96.50

Citation


Reçu de remise faite au château de Versailles, le 29 mars 1767, par le comte de Saint-Florentin à Aymar de Nicolay, Evêque de Verdun, du tableau figurant "Saint Jean qui baise la main de l'enfant Jésus" et légué par testament de Marie-Josèphe de Saxe, dauphine de France, en date du 3 février 1766. Arch. Min. Aff. Et. France

Ecole italienne, 1ère moitié du XVIIIe siècle. Attribué à Jacopo AMIGONI (Venise 1675 ou 1682 – Madrid 1752) « Saint Jean-Baptiste baisant la main de l’enfant Jésus » des collections personnelles de Marie-Josèphe de Saxe, dauphine de France , mentionné dans son testament (1766-1767). Huile sur toile : Ht. 49,5 cm – Larg. 76 cm. Cadre en bois doré d’époque Louis XVI. Marques : annotation ancienne au dos de la toile qui confirme le legs du tableau par la dauphine à son aumonier l’évêque de Verdun, Aymar de Nicolay, legs dont la mention a très récemment été retrouvée dans le testament de la dauphine de France.

Extrait du testament de Marie-Josèphe de Saxe, dauphine de France (1766-1767).

[France, Arch. M.A.E., 45MD/3-P/8348]

Jean-Marc Nattier (1685-1766), "Marie-Josèphe de Saxe dauphine de France", château de Versailles.

Inscription au dos de la toile : « N°1244 du cat. »; « Amigoni » ; « Ce tableau a été légué à Monsieur de Nicolay évêque de Verdun Premier aumonier en survivance de Madame la Dauphine par Madame Marie Joseph de Saxe, Dauphine de France décédée le 13 mars 1767 », legs confirmé par sa mention dans le testament de Marie-Josèphe de Saxe, dauphine de France.

Notice du catalogue de la vente du vendredi 14 décembre 2012, lot 91, Drouot-Richelieu, Paris, 14h, salle 1 :

Attribué à Jacopo AMIGONI (Venise 1675 ou 1682-Madrid 1752)

« Saint Jean-Baptiste baisant la main de l’enfant Jésus »

des collections personnelles de Marie-Josèphe de Saxe, dauphine de France

Huile sur toile

Ht. 49,5 cm – Larg. 76 cm

Cadre doré d’époque Louis XVI en chêne à motifs de feuillages et perles.

Marques : annotation ancienne au dos de la toile: « N°1244 du cat. » ; « Amigoni » ; « Ce tableau a été légué à Monsieur de Nicolay évêque de Verdun Premier aumonier en survivance de Madame la Dauphine par Madame Marie Joseph de Saxe, Dauphine de France décédée le 13 mars 1767 », legs confirmé par sa mention dans le testament de Marie-Josèphe de Saxe, dauphine de France.

Provenance: collection de Marie-Josèphe de Saxe (1731-1767), dauphine de France, puis légué par testament de Mme la Dauphine à M. de Nicolay, Evêque de Verdun [Fig.1], « n°24 je laisse à Mr L’Eveque de Verdun Le tableau de l’Enfant Jesus dormant et de St Jean qui luy baise la main ». [France, Arch. M.A.E., 45MD/3-P/8348]. Remis au château de Versailles le 29 mars 1767 par le comte de Saint-Florentin à l’Evêque de Verdun comme le prouve le reçu de remise du tableau signé par l’Evêque de Verdun et conservé aux Archives du Ministère des Affaires Etrangères français (voir document reproduit ci-dessus).

Beau tableau religieux à l’exceptionnelle provenance historique puisqu’il faisait partie des collections personnelles d’une des femmes les plus réputées pour son intelligence, sa douceur et sa droiture : la dauphine de France, Marie-Josèphe de Saxe, épouse de Louis, dauphin de France, fils aîné du roi Louis XV, et mère des rois Louis XVI, Louis XVIII et Charles X. Identifié récemment par nos soins, on retrouve le tableau décrit dans le testament de la dauphine qui le légua à son premier aumônier, Aymar de Nicolaï (1721-1769), évêque de Verdun, personnalité incontournable de l’entourage de la princesse qui la soutint dans sa foi profonde aux moments les plus critiques de son existence, comme la mort du dauphin Louis-Ferdinand (+1765) dont elle ne se remit jamais. La dauphine décéda dans ses appartements du château de Versailles le 13 mars 1767. Seize jours plus tard, le comte de Saint-Florentin remettait à Versailles, le 29 mars 1767, à l’Evêque de Verdun le tableau de « Saint Jean-Baptiste baisant la main de l’Enfant Jésus dormant » que nous présentons aujourd’hui.

Le présent tableau a pu être apporté de la cour royale de Saxe par la dauphine à son arrivée en France à Versailles en 1747. On sait qu’au début de son installation à la cour de France, la dauphine achetait peu. La princesse affectionnait les tableaux de Saints comme décor de sa chambre à Versailles. Icône de la peinture de dévotion européenne pendant le siècle des Lumières, la toile d’Amigoni reprend la délicatesse et la tendresse de la peinture bolonaise du siècle précédent. Jacopo Amigoni fut un des principaux protagonistes de la scène artistique européenne au XVIIIe siècle, ayant travaillé d’abord à Venise, en Allemagne, en Angleterre puis en Espagne.

Nous remerçions M. Francesco Solinas d’avoir confirmé l’attribution traditionnelle de ce tableau à Jacopo Amigoni.

Est. 8 000 / 10 000 euros

Acquis : 22 500 euros (frais inclus) au musée national du château de Versailles.

Xavier Dufestel, expert

Condition report : 

Sur sa toile d’origine, l’oeuvre, qui est dans un bon état général, présente au niveau de la couche picturale, 4 petits manques de matière le long de la bordure supérieure, de gauche à droite (5 mm de long x 5 mm de haut ; 8 mm de long x 4 mm ; 1 cm de long x 3 mm ; 1,9 cm de long x 3 mm).

En bas de l’oeuvre, le long du rebord inférieur de la toile, on note plusieurs repeints sur une hauteur de 1 cm et de longueur variable, au nombre de 4 ou 5 le long du rebord.
Le long du rebord gauche et du rebord droit de la toile, on note quelques légers points de frottements avec le cadre, engendrant de petits manques de matière.
Près du rebord gauche et à mi-hauteur, au niveau du fond, un petit repeint est à noter.