Cabinet d'Avocats Estimart

Excellence et intégrité dans le service juridique

Contactez-nous

Propriété intellectuelle à l'ère numérique : défis et solutions pour les créateurs

Rédigé par Auteur Mis à jour le 3 janvier 2025

Entre protection des droits et révolution technologique, les enjeux juridiques du contenu numérique

L'impact des nouvelles technologies sur la propriété intellectuelle

La révolution de l'impression 3D et ses défis juridiques

L'essor de l'impression 3D a créé un nouveau paradigme en matière de propriété intellectuelle. Des plateformes comme Thingiverse enregistrent environ 6 millions de téléchargements de modèles 3D par mois¹, soulevant des questions complexes sur les droits d'auteur. L'exemple emblématique de Groot, personnage de Disney reproduit plus de 75 000 fois par un créateur mongol, illustre parfaitement cette problématique². a machine that is sitting on a table

Les marketplaces face aux contenus générés par IA

Les plateformes de vente en ligne adaptent leurs politiques pour faire face à l'afflux de contenus créés artificiellement. Etsy a récemment modifié ses standards de créativité, exigeant désormais que tous les objets imprimés en 3D soient "produits sur la base du design original du vendeur"³. Cette évolution pousse les créateurs vers des alternatives comme MyMiniFactory, qui propose un programme de marchands premium à 25$/mois pour encadrer la vente de designs sous licence⁴.

L'émergence de nouveaux acteurs dans l'écosystème créatif

Face à ces bouleversements, de nouveaux intermédiaires émergent pour structurer le marché. MyMiniFactory se positionne comme une alternative avec des commissions réduites (10% contre 20-30% pour la concurrence) et un système de vérification des marchands légitimes⁵. Cette approche vise à résoudre le problème du "Far West" numérique où les copies non autorisées prolifèrent sans contrôle.

Les solutions technologiques pour l'authentification du contenu

Content Credentials : une révolution dans l'attribution créative

Adobe développe une solution innovante avec son application Content Authenticity, qui permet d'attacher des preuves d'authenticité aux créations numériques⁶. Ce système, comparable à une "étiquette nutritionnelle" pour le contenu numérique, utilise des métadonnées sécurisées et inviolables pour tracer l'origine et les modifications d'une œuvre. Une étude révèle que 91% des professionnels créatifs recherchent un moyen fiable d'attribuer leurs œuvres⁷. black flat screen computer monitor

Technologies de protection avancées

Le système Adobe combine empreinte numérique, tatouage invisible et métadonnées signées cryptographiquement pour assurer une protection durable⁸. Ces Content Credentials restent attachées à l'œuvre tout au long de son cycle de vie et peuvent être récupérées même après suppression des informations de provenance ou capture d'écran. Cette technologie s'appuie sur les standards développés par la Coalition for Content Provenance and Authenticity (C2PA).

Contrôle de l'utilisation par l'IA générative

L'application permet aux créateurs de définir leurs préférences concernant l'utilisation de leurs œuvres pour l'entraînement d'IA générative⁹. Adobe s'engage à respecter ces préférences pour son modèle Firefly, et travaille à l'adoption industry-wide de ce système d'opt-out. Cette fonctionnalité répond aux préoccupations de 56% des créateurs inquiets de voir leurs contenus utilisés sans consentement pour entraîner des modèles d'IA¹⁰. green leaf with water droplets

Le cadre juridique américain face à l'art généré par IA

Définition du droit d'auteur pour les œuvres assistées par IA

Le Bureau américain du droit d'auteur (US Copyright Office) a publié en janvier 2025 un rapport détaillant la politique de copyright concernant l'IA¹¹. Après analyse de plus de 10 000 commentaires, l'organisme établit qu'une œuvre d'art générée par IA peut être protégée par le droit d'auteur uniquement s'il y a une contribution humaine significative dans sa création. Cette détermination s'effectue au cas par cas pour évaluer si "les contributions humaines aux résultats générés par IA sont suffisantes pour constituer une paternité"¹². a book open to a page

Distinction entre outil et substitut créatif

Le rapport établit une distinction cruciale entre l'utilisation de l'IA comme outil d'assistance et comme substitut à l'artiste¹³. Cette différenciation dépend de la façon dont le système est utilisé, non de ses caractéristiques inhérentes. Les artistes doivent prouver leur implication dans le processus créatif et leur capacité à "déterminer les éléments expressifs" contenus dans l'œuvre pour bénéficier de la protection du droit d'auteur.

Exclusions et limites de la protection

Sont exclues de la protection les œuvres entièrement générées par IA, notamment le matériel "où il n'y a pas suffisamment de contrôle humain sur les éléments expressifs"¹⁴. L'art généré uniquement par des prompts est également exclu des revendications de droit d'auteur. Cependant, les créateurs peuvent revendiquer des droits sur la sélection créative, la coordination ou l'arrangement du matériel dans les résultats, ainsi que sur les modifications apportées aux outputs d'IA.

Vers un écosystème numérique plus équitable

Adaptation des modèles économiques

L'industrie créative connaît une transformation profonde de ses modèles économiques. Les plateformes traditionnelles voient leurs politiques remises en question, forçant l'émergence d'alternatives plus favorables aux créateurs. MyMiniFactory illustre cette évolution avec son approche centrée sur la rémunération équitable de tous les acteurs de la chaîne, du créateur au fabricant¹⁵.

Collaboration entre acteurs publics et privés

La résolution des défis de propriété intellectuelle nécessite une collaboration étroite entre organismes gouvernementaux et entreprises technologiques. L'initiative Content Authenticity d'Adobe, soutenue par des standards ouverts comme C2PA, montre la voie vers une approche collaborative de la protection des créateurs¹⁶. Cette démarche vise à restaurer la confiance dans l'écosystème numérique en établissant des standards transparents.

Évolution continue du cadre réglementaire

Les autorités de régulation, comme le US Copyright Office, s'engagent à surveiller continuellement les développements technologiques et juridiques pour adapter leurs recommandations¹⁷. Cette approche évolutive reconnaît la rapidité des changements technologiques et la nécessité d'un cadre juridique flexible capable de s'adapter aux innovations futures.

Conclusion

L'intersection entre propriété intellectuelle et technologies émergentes redéfinit fondamentalement les relations entre créateurs, plateformes et consommateurs. Des solutions technologiques comme les Content Credentials aux nouvelles politiques des marketplaces, en passant par l'évolution du droit d'auteur américain, l'écosystème créatif cherche un équilibre entre innovation et protection des droits. L'avenir dépendra de la capacité des différents acteurs à collaborer pour construire un environnement numérique où créativité humaine et assistance technologique coexistent dans le respect des droits de chacun.


¹ The Economist, "The spread of 3D models creates intellectual-property problems", 20 juillet 2017 ² Ibid. ³ 3D ADEPT, "Etsy excludes many 3D printed items — MyMiniFactory responds", 1er juillet 2025 ⁴ Ibid. ⁵ Ibid. ⁶ Creative Boom, "Adobe reveals a content authenticity app to 'champion creator protection and attribution'", 8 octobre 2024 ⁷ Ibid. ⁸ Ibid. ⁹ Ibid. ¹⁰ Ibid. ¹¹ Designboom, "AI art can be under copyright protection, US office says", 31 janvier 2025 ¹² Ibid. ¹³ Ibid. ¹⁴ Ibid. ¹⁵ 3D ADEPT, op. cit. ¹⁶ Creative Boom, op. cit. ¹⁷ Designboom, op. cit.

Autres articles